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Jul 07, 2022 | François Caijo

Le passage aux essais cliniques décentralisés (DCTs) n’est pas une conséquence de la Covid-19, mais la pandémie l’a fortement accéléré. Une étude montre que seulement 28% des sponsors et des CROs y avaient recours avant la pandémie, contre 87% aujourd’hui, et prévoit une augmentation de 95% dans les années à venir.

Les DCTs permettent une approche plus centrée sur les patients. Dans la mesure où ils n’ont plus à se déplacer jusqu’aux centres de recherche, les patients peuvent désormais partager des données cliniques depuis divers outils. Cela est possible grâce aux applications numériques, qui constituent la véritable clé de voûte des DCTs. Néanmoins, un tel changement a fait émerger de nouveaux défis, où les patients doivent s’approprier une multitude de nouvelles technologies.

Les patients ne sont pas les seuls à faire face à des défis importants. Les centres de recherche aussi ne tirent pas forcément parti de tous les bénéfices opérationnels des DCTs. Lors d’une récente table ronde organisée par Veeva, un sponsor soulignait : « les essais décentralisés alourdissent les centres de recherche avec des processus plus longs et des technologies plus nombreuses. Nous nous devons de les accompagner pour une exécution plus efficace ».

Un fardeau encore lourd pour les patients

Ces nouvelles procédures et technologies (y compris les applications destinées aux patients) ont été introduites rapidement dans les centres de recherche durant la pandémie afin de permettre la poursuite des essais cliniques en cours. Cela comprenait des carnets digitaux pour les patients, des outils de surveillance et des formulaires de consentement électroniques, lesquels sont aujourd’hui devenus des outils standards pour les patients et les équipes de recherche.

Cependant, ces applications étant distinctes, elles transfèrent la responsabilité sur les patients qui doivent en télécharger plusieurs pour renseigner leur progrès et communiquer avec les équipes de recherche. Certains rencontrent des difficultés avec l’utilisation quotidienne de multiples identifiants et mots de passe. D’autres, surtout en Europe, ont besoin d’être rassurés sur la façon dont leurs données personnelles de santé sont stockées et utilisées. Des capacités plus importantes, mais davantage de complexité.

La transformation digitale a aussi augmenté la complexité opérationnelle dans les centres de recherche, particulièrement ceux qui réalisent un grand nombre d’essais. Sans une étroite coordination avec les sponsors, il est difficile d’y entretenir une expertise technologique. Les centres de recherche passent de plus en plus de temps à former leurs équipes à l’usage des dizaines de plateformes proposées par les différents sponsors.

Le personnel, qui s’épanouit grâce aux interactions avec les patients, passe plus de temps à régler des problèmes techniques. Certains centres ont même engagé des managers de plateformes et des correspondants technologiques sur place pour permettre aux infirmières de se focaliser sur les patients. Beaucoup de centres peinent à fonctionner efficacement en raison d’un manque de coordination et de connexion entre les différents systèmes.

Lors d’une récente table ronde organisée par Veeva et rassemblant des responsables en recherche clinique, Joanna Claverol, de l’unité de recherche clinique à l’hôpital d’enfant de Barcelone, décrivait l’ampleur du défi : « Chaque année, nous menons environ 200 essais et nous utilisons les technologies des sponsors pour chacun d’entre eux. Pour un essai, nous devons utiliser des plateformes différentes dédiées à la faisabilité, la documentation, l’enregistrement des données, la randomisation des patients, les frais de déplacements, l’imagerie, la facturation, etc. ».

Les sponsors ont conscience de la charge de travail que représentent pour les centres ces applications multiples et leurs processus cloisonnés : 99% des centres interrogés ont admis que l’appropriation de la technologie était un obstacle majeur dans les essais cliniques dématérialisés. Cette absence de connexion et d’interopérabilité entre les dispositifs peut générer des problèmes de qualité et d’accès aux données pour les équipes sur site et les CROs, comme par exemple dans le cas où une même donnée doit être saisie manuellement dans plusieurs systèmes différents.

4 étapes pour simplifier l’expérience des utilisateurs

Les sponsors se doivent d’alléger le fardeau numérique pour les patients et les centres. Voici quatre étapes pour simplifier leur expérience et faire en sorte que les essais cliniques digitaux tiennent leur promesse :
  • Construire des procédures opérationnelles standardisées (SOPs). Identifier des méthodes universelles de travail et standardiser les SOPs avant d’introduire une nouvelle technologie. Par exemple, développer un parcours d’identification qui réduit le nombre de fois où un membre de l’équipe ou un patient doit se connecter aux applications.
  • Collaborer rapidement et régulièrement avec les utilisateurs. Avant de rajouter une nouvelle ressource, inclure les équipes, les sponsors et les patients dans la discussion. Cela aidera à incorporer de nouveaux critères de décision logicielle qui pourraient accélérer l’appropriation de l’application, incluant sa fonctionnalité, sa facilité d’utilisation et la charge de travail de l’utilisateur.
  • Identifier les ressources qui permettront d’aider le personnel sur le terrain. Créer une équipe de support digital centralisée qui puisse être contactée sur place. S’assurer qu’elle travaille en collaboration directe avec les fournisseurs et soit formée au dépannage sur site.
  • Améliorer l’expérience d’utilisation du patient. Rendre la participation aux essais cliniques plus accessible et pratique favorisera l’engagement des patients et les encouragera à rester plus longtemps. Des systèmes innovants et dédiés aux patients pourraient être utilisés pour les maintenir informés et connectés, à travers une seule et unique application recouvrant l’ensemble de leurs activités d’essais cliniques. Les informations liées à l’étude doivent pouvoir circuler de manière fluide entre les sponsors, les CROs, les terrains et les patients, en éliminant ainsi la paperasse et les processus manuels.

Optimiser la gestion des données est un impératif

Une priorité qui émerge aujourd’hui est d’améliorer l’accès à un système qui regrouperait les données en une seule et même plateforme. Cela permettrait de faire remonter des problèmes quant à la qualité des données terrain, en s’assurant que toutes les données saisies sur les multiples applications aillent sur une seule plateforme et ainsi permettre de prendre des décisions plus rapidement. Les dirigeants sur le terrain mettent en avant un réel enjeu d’efficacité : « Nous estimons que nous pourrions économiser 20% de notre temps si nous pouvions utiliser une seule plateforme pour simplifier notre travail » a déclaré Joana Claverol.

Les essais digitaux étant devenus la norme, les centres de recherche voient augmenter le besoin d’une saisie flexible, moderne et digitale des données. Un sponsor a fait remarquer que ce besoin était sous-estimé par les équipes lorsqu’elles passaient d’un processus papier à un processus électronique : « Les gens peuvent faire ce qu’ils veulent avec du papier, mais lorsque vous passez à un mode opératoire électronique, toutes vos décisions doivent être prises à l’avance car cela peut ralentir leur exécution. »

Collaborer et consolider

Le passage aux essais cliniques digitaux s’est accéléré avec la pandémie. Par conséquent, les patients sont de plus en plus encouragés à participer aux études et à fournir des données dont la provenance est démultipliée. Les DCTs constituent un réel enjeu dans l’amélioration de la collaboration entre patients, centres de recherche, sponsors et CROs pour favoriser de meilleurs résultats et bénéfices pour les patients.

Il existe une réelle opportunité pour transformer cette volonté d’utiliser de nouveaux outils en progrès opérationnels sur le terrain et pour améliorer l’expérience patients. Cela implique une approche plus collaborative et la volonté de consolider les dispositifs existants. C’est dans ces conditions seulement que les essais cliniques digitaux commenceront à révéler leur immense potentiel.

Découvrez les résultats de l'étude sur les essais cliniques digitaux à travers le retour de plus de 280 professionnels du secteur.

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